LE MENDIANT, Naguib Mahfouz

                                                  

  – Tu vas donc partir ?

  – Oui

  Où ?

  Quelque part.

  …

 

 

C’est la fin de ma relation avec le monde entier. Et si la vérité de tout être était dans le non-être…

 

Un jour, Omar al-Hamzawi décide de tout quitter. Après avoir été à la quête de ce qui n’est, semble-t-il, rien d’autre que le versant de sa propre âme inclinée. Sentant que sous le joug de sa présente posture morale il lui manquerait éternellement au moins un élément dans la constellation qu’il se devait de constituer avec tous les composantes de l’écosystème céleste ; partant de son moi, Il embrassa la Voie. S’ouvrit ainsi dans sa vie une phase caractérisée par une bourlingue spirituelle dans toutes les sphères philosophiques et existentialistes.

Dans le désert.  Dans les cabarets, à la rencontre de reines d’un soir, il s’est interrogé sur cette étrange chose qu’est l’existence humaine.

A la merci de l’appel compressif d’un irrésistible Ailleurs qu’il ressentait au plus profond de lui-même sans pouvoir le nommer. Il sentit une nouvelle relation s’établir entre lui-même et le cosmique.

Premiers symptômes de la pathologie qui fait souffrir Oumar et qu’aucun médecin n’a su diagnostiquer.

Dans sa quête de lui-même Il est angoissé d’être un homme. Il est malade de lumière. Il lui fallait une ivresse sacrée. Comme pour mieux se réconcilier avec une antériorité vague. Une réalité supérieure. Il n’y avait qu’une cabane dans le désert, terre de révélation, pour accueillir cette singulière sublimation.

Quel charmant mendiant ! Un mendiant de Lumière.

 

#Daouda