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Note de lecture : Personne (Gwenaëlle Aubry)

Personne. C’est le roman par excellence d’une quête. L’unique quête qui vaille. La quête de soi. Agir de sorte que les multiples facettes qui font ce que l’être est, se reflètent et s’expriment en une seule. C’est ce tableau des multiples impressions de l’homme dans son univers interactionnel avec lui-même, qu’essaie de nous brosser l’auteure par le biais de la relation troublante d’une fille et de son père interné à l’hôpital psychiatrique. Un roman où apparait en filigrane de bout en bout une psychologie des profondeurs. Autant d’états d’âme qui jalonnent la vie du père et qui trouvent leurs reflets en la fille en marge de la frontière abstraite qui semble sévir entre eux. Une réalité glaçante que ne découvre la fille qu’avec un manuscrit laissé par le père avant sa mort ; en guise d’héritage. La connaissance de soi en compagnonnage par rapport à l’ouverture des portes qui mènent à la découverte de l’autre. Quand la sainteté d’esprit et ce qu’on nomme folie (par leurs expressions) se confondent dans le même couloir de pensée, les évidences s’en retrouvent chamboulées.
Jouer avec la vie où jouer avec la mort, peu importe. Mais la philosophie de vie de François Xavier semblait bien trouver son répondant dans cette maxime déclamée par l’Autre : Il ne faut pas trop prendre la vie au sérieux ; de toute façon, on ne va pas s’en sortir vivant.

Daouda

L’ignorance (Milan Kundera)

Lecture et coup de cœur de Daouda

Par la manifestation d’un hasard objectif, deux jeunes tchécoslovaques qui s’étaient énamourés autrefois, se retrouvent vingt ans après, à bord d’un même vol qui devait les ramener à leur chez soi, suite à la décadence du communisme.

Une nostalgie qui s’exprime gravement, une sarabande de souvenirs, l’appréhension d’un changement presque inhérent à l’homme ; un être en devenir…

Une quête de soi déjà biaisée par la marche du temps.  Leur patrie n’est plus la même ; et ils l’ignorent. Tout comme ils ignorent qu’ils ne sont plus les mêmes.

Un chef d’œuvre du Prix Nobel écrit dans un style empreint d’une déroutante et exquise légèreté.